Le magazine et marché mondial pour les passionnés de voitures classiques, par des passionnés.
Le magazine et marché mondial pour les passionnés de voitures classiques, par des passionnés.
Numéro de véhicule Packard : 73925
Numéro de châssis : 901758
Numéro de moteur : 901712
Les modèles de la onzième série Packard de 1934 sont largement considérés comme certaines des meilleures automobiles américaines de la grande époque classique. À leur sommet figurait la prestigieuse Twelve, porte-étendard de la marque, équipée du remarquable moteur V12 présenté par Packard en 1932. Ce moteur à soupapes latérales de conception modifiée affichait une cylindrée de 445,5 pouces cubes et développait 160 ch. Il offrait ainsi des performances élevées dans un silence et avec une douceur de fonctionnement absolus. Il prenait place sous un capot d’une longueur impressionnante, s’achevant sur un entourage de radiateur encadré par des phares dont les verres assortis présentaient une subtile forme en V. L’ensemble associait l’élégance classique et la grandeur traditionnelle à une indéniable touche de sportivité, exactement comme Packard l’avait souhaité.
Les carrosseries de la Twelve étaient remarquablement dessinées et élégamment exécutées. Parmi les styles d’usine les plus saisissants proposés sur la Twelve de la onzième série figurait le Coupe-Roadster. Celui-ci dérivait d’un cabriolet coupé réalisé sur mesure, initialement dessiné par le grand Raymond Dietrich pour LeBaron sur le châssis 845 de 1931. Adaptées au châssis de la Twelve 1107, doté d’un empattement de 142 pouces, ses lignes nettes se prêtaient parfaitement à une production en usine. La voiture se distinguait notamment par son pare-brise relativement bas, son habitacle ramassé et ses portes compactes, ainsi que par une capote particulièrement remarquable qui, une fois repliée, disparaissait presque entièrement au niveau de la poupe.
Sur la cinquantaine d’exemplaires produits, seuls une vingtaine de Coupe-Roadsters Twelve authentiques de la onzième série subsisteraient aujourd’hui dans leur configuration d’origine. Affiché à 5 330 dollars, le Coupe-Roadster était hors de portée de la quasi-totalité des acheteurs au plus fort de la Grande Dépression. Ce Coupe-Roadster, portant le numéro Packard 73925, fut découvert dans un état d’origine exceptionnel. Son dossier historique contient des photographies montrant la voiture avant sa restauration : un exemplaire sain et authentique qui conservait sa carrosserie et ses principaux composants d’origine. Ce degré de préservation fournit à RM Auto Restoration une base fidèle pour la restauration intégrale, carrosserie séparée du châssis, réalisée en 1993. Le propriétaire choisit une discrète teinte vert métallisé moyen, contrastant avec un châssis et des soubassements vert foncé, une combinaison conforme à l’époque. L’habitacle fut garni d’un riche cuir vert olive associé à une moquette Mosstread conforme à l’origine, tandis que des éléments en loupe de bois furent disposés dans tout l’intérieur.
La voiture ayant été préservée dans un état particulièrement sain, le remplacement du bois et du métal fut très limité durant les travaux. Aucune dépense ne fut épargnée afin de satisfaire aux exigences du propriétaire. Le coût de la restauration aurait dépassé 300 000 dollars et le résultat est considéré par de nombreux spécialistes comme l’un des exemplaires les plus remarquables et les plus conformes de ce type. Depuis son acquisition par son propriétaire actuel en 2000, la Packard fait partie de l’une des plus importantes collections d’automobiles d’avant et d’après-guerre. Elle y a été entretenue selon des standards particulièrement exigeants et régulièrement utilisée lors de rallyes réservés aux voitures d’avant-guerre.
La voiture a été soigneusement entretenue tout au long de son séjour dans la collection, comme en témoignent les nombreuses factures conservées au dossier. Elle bénéficia notamment des soins réguliers de Bob Mosier, à Inglewood en Californie. Plus récemment, son entretien fut confié à Henningsen Machine Shop, à Salinas en Californie. Les factures de 2019 font état d’un vaste programme de mise au point mécanique comprenant l’installation d’une nouvelle canalisation de carburant et d’une pompe à essence électrique, le nettoyage du réservoir, la réfection complète de l’embrayage avec de nouveaux disques et un mécanisme remis à neuf, le réglage des freins, le rinçage du circuit de refroidissement, le montage de quatre pneus neufs ainsi que des essais routiers. Ces travaux témoignent des soins attentifs et continus qui lui ont été prodigués. La voiture demeure aujourd’hui dans un excellent état.
La Packard a été récompensée au plus haut niveau, obtenant des premiers prix nationaux de l’AACA et du CCCA. Elle a notamment participé aux concours d’Amelia Island, de Meadow Brook Hall, de la Burn Foundation, de Greenwich et de Castle Hill. Une lettre conservée au dossier indique également qu’elle fut invitée à participer à la 50e édition du Pebble Beach Concours d’Elegance en août 2000. Aujourd’hui encore, sa restauration se présente magnifiquement dans les moindres détails. Elle compte assurément parmi les meilleurs des quelque 20 exemplaires survivants de ces prestigieuses Packard Twelve haut de gamme dessinées par Raymond Dietrich. Construites à l’apogée de la production Packard, elles figurent désormais parmi les automobiles américaines les plus recherchées de la grande époque classique.

Contacter Utilisateur