Le magazine et marché mondial pour les passionnés de voitures classiques, par des passionnés.
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La deuxième édition du Badawi Trail to the Last Oasis s’est déroulée avec succès malgré des conditions difficiles. Ce qui devait être à l’origine un rallye international a dû être transformé en une édition entièrement saoudienne — sans que cela n’altère l’esprit d’aventure, le défi et les performances impressionnantes.
Parcours adapté, caractère intact
Le rallye a débuté le 28 mars et s’est achevé treize jours et 5 000 kilomètres plus tard à Djeddah, au sein du Jeddah Corniche Circuit. Habituellement théâtre de la Formule 1, le circuit a cette fois accueilli un tout autre type de sport automobile.
En raison de l’évolution de la situation dans la région, le parcours international initial a dû être modifié. L’organisateur HERO-ERA est toutefois parvenu à concevoir un itinéraire alternatif entièrement situé en Arabie saoudite, largement basé sur le tracé initial, avec des étapes supplémentaires. Grâce au soutien du Royaume d’Arabie saoudite, le rallye a pu se tenir — un geste très apprécié par les participants.
Du désert aux montagnes
Le parcours offrait tout ce que l’on attend d’un rallye d’endurance : vastes déserts, cols de montagne techniques, wadis et même des portions le long de la mer Rouge. Les participants ont en partie suivi les traces de la légendaire Dakar, tout en découvrant une Arabie saoudite moins connue, faite de paysages spectaculaires et de routes exigeantes.
Parmi les moments forts :
Une épreuve exigeante
Avec 40 regularities et 15 sections de contrôle du temps sportif, le rallye s’est révélé impitoyable. Sur les 21 équipages au départ, 20 ont atteint l’arrivée — certains ayant dû passer à des 4x4 de location après des problèmes mécaniques.
Pour beaucoup, cet événement était bien plus qu’un simple rallye : il servait de préparation au Peking to Paris Motor Challenge 2028, qui s’annonce comme l’édition la plus longue et la plus difficile à ce jour.
Une histoire remarquable est venue de l’équipage d’une Itala de 1907. Pilotée par Tomas de Vargas Machuca, Ben Cussons et David Ayres, cette voiture de 119 ans a décroché une impressionnante 5e place au général ainsi que la victoire en Pioneer Class.
Domination du Ford V8
La victoire au classement général est revenue de manière convaincante à Richard Clark et Jonathan Round dans leur Ford V8 Coupé. Déjà victorieux lors de la Pearl of India Rally, le duo a dominé le classement presque dès le premier jour.
Malgré quelques soucis techniques, ils ont conservé leur avance avec une régularité impressionnante. « C’est toujours formidable d’être en Arabie saoudite. Nous avons reçu un accueil exceptionnel et c’est un honneur de gagner ici », a déclaré Clark.
Le navigateur Round a ajouté : « Nous avons passé un moment incroyable et sommes ravis que le rallye ait pu avoir lieu. »
Une lutte serrée en catégorie Classic
Dans la catégorie Classic, la bataille est restée intense jusqu’à la fin. Finalement, la Ford Mustang de Xavier de Sarrau et Lucas de Sarrau s’est imposée. Le duo père-fils a résisté à une forte concurrence, notamment une Mercedes-Benz 450 SLC et deux Toyota Land Cruiser, dont celui d’Alfonso de Orleans-Borbon.
Fait marquant : le Land Cruiser de De Orleans-Borbon a été accidenté tôt dans le rallye et a souffert de nombreux problèmes mécaniques, mais a tout de même terminé à la deuxième place. « Cette victoire s’est construite pas à pas. C’était serré, mais grâce à la détermination de Lucas, nous y sommes parvenus », a déclaré Xavier.
Un rallye porteur de sens
Bien que le rallye se soit déroulé dans un contexte de tensions régionales, les participants ont surtout souligné l’hospitalité, la persévérance et l’expérience unique. Le Badawi Trail to the Last Oasis a une nouvelle fois prouvé que les rallyes historiques ne se résument pas à la vitesse, mais reposent sur l’aventure, l’esprit d’équipe et le respect de l’homme et de la machine.
Avec cette deuxième édition réussie, l’Arabie saoudite s’impose comme une destination majeure pour les rallyes d’endurance internationaux — et comme un avant-goût de ce qui nous attend sur la route vers Pékin–Paris 2028.