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Décadence et ruine dans des Pays-Bas déchirés par la guerre

Le centre d'Amsterdam, dans les années 1960. Cet endroit n'existe plus. Enfin, l'endroit lui-même existe, mais ce qui fut un quartier résidentiel pendant des siècles avec quelques milliers d'habitants et leurs maisons, magasins, écoles et cafés a été rasé pour faire place à un hôtel de ville et à un opéra de plusieurs millions de florins il y a une quarantaine d'années. Même si Rembrandt van Rijn, le plus célèbre des vieux maîtres hollandais, a vécu ici, ce n'était pas l'endroit le plus riche de la ville pendant ses dernières années. À la fin du XIXe siècle, un écrivain néerlandais l'a décrit comme suit :

La propreté hollandaise bien connue y est totalement inconnue. Différentes sortes de parasites dégoûtants, la puanteur insupportable de toutes sortes de substances nauséabondes et la crasse débauchée sont collées et incrustées sur les sols, les murs, les greniers, les fenêtres et les objets ménagers... De la paille à moitié pourrie, jetée dans le grenier ou la soupente, sert de literie à trois ou quatre familles vivant dans la même maison. Là, sous le toit délabré qui laisse l'eau passer presque librement lors des pluies d'orage, parents et enfants sont couchés ensemble. Les différences d'âge et de sexe ne sont pas prises en compte, pas plus que les voisins. Les malades et les bien-portants sont tous accroupis les uns à côté des autres".

C'est dire si la situation s'est améliorée. Les choses ne se sont pas beaucoup améliorées à partir de ce moment-là. Il n'est pas surprenant que ce quartier ait été le premier sur la liste des quartiers à démolir après la guerre, alors que la majorité de ses habitants d'origine avaient été déportés et tués. Il s'agit sans doute de l'une des dernières photos du quartier tel qu'il était avant qu'il ne soit totalement rasé. Mais que voyons-nous ? Oui, c'est une grande berline du début des années 1930, ou ce qu'il en reste, abandonnée entre les débris. Le garçon est peut-être en train de faire un croquis du haut de l'écoutille, ou peut-être ses devoirs d'école. Si cette voiture autrefois fière n'a pas été la proie du vandalisme, ses pièces utiles ont disparu. Ce qui reste semble indiquer une berline avec des portes suicides et un moteur huit cylindres en ligne. Une Buick ? Ses chances de survie semblent nulles, espérons que quelqu'un ait réussi à réutiliser au moins quelques-unes des pièces manquantes...

Paroles : Jeroen Booij ; photo : Archives de Hollande septentrionale
 

Publié:
lundi novembre 20th, 2023
Josef Kubišta
21 Novembre 2023, 22:28
Looks like a 1933 Buick to me. With that eight-legged water return pipe it was likely "big" - an 80 or 90 Series car...
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