Le magazine et marché mondial pour les passionnés de voitures classiques, par des passionnés.
Le magazine et marché mondial pour les passionnés de voitures classiques, par des passionnés.
‘Wagonette’. Le mot évoque l’utilitaire plutôt que la grandeur et désigne une carrosserie généralement robuste, utilisée principalement pour transporter des parties de chasse ou acheminer des voyageurs de la gare à leur hôtel. Le comte de Lonsdale ne voyait pourtant aucune raison pour que sa wagonette ne soit pas aussi somptueuse que les autres voitures, et il conçut un style doté d’une capote carrée, divisée en son centre, pouvant être relevée et abaissée afin d’offrir un confort par tous les temps.
C’était à l’époque hippomobile, mais ce style trouva des adeptes à l’ère de l’automobile. En 1902, William Younger, député, fit équiper sa Georges Richard 24 ch d’une carrosserie Lonsdale Wagonette par Thorn et, utilisée pour promouvoir Mann & Overton’s, sa voiture attira l’attention du lieutenant-colonel Moreton Foley Gage, qui fit réaliser en 1903 une copie presque conforme pour sa Georges Richard-Brasier.
Une Georges Richard-Brasier ? Voilà une histoire en soi, explicable par le fait que la machine de Gage fut construite et vendue au moment où Henri Brasier resserrait son emprise sur la maison Georges Richard, si bien que l’auto acquit d’une manière ou d’une autre les deux identités. Lorsqu’il ne menait pas une vie d’aventurier avec l’armée, Gage vivait paisiblement dans le Dorset ; mais en 1905 il acheta une Napier six cylindres et céda la Richard-Brasier à un autre officier dans l’Oxfordshire. Après la guerre du Kaiser, elle tomba dans l’oubli jusqu’à ce que Richard Shuttleworth la prenne sous son aile en 1932.
Aujourd’hui fraîchement restaurée par la Shuttleworth Collection, nous espérons la revoir bientôt sur la route. David Burgess-Wise en propose son analyse dans le numéro de février de The Automobile, disponible dès maintenant.
Texte : Zack Stiling; Photographies : Rob Cooper