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L’Ariès art déco renaît — et elle est à vendre

Jetons un œil à une petite voiture remarquable actuellement proposée sur PreWarCar.fr. Peut-être pas exactement un cadeau à glisser dans une chaussette de Noël, mais tout de même une rare occasion de posséder un beau morceau d’histoire automobile française à un prix abordable. Nous avons parlé à l’homme qui a restauré cette Ariès art déco et qui la propose aujourd’hui.

 

Ariès, originaire de la banlieue parisienne, était un constructeur automobile qui semblait particulièrement bien s’adapter aux périodes mouvementées dans lesquelles il évoluait. Fondée en 1902 par le charismatique baron Charles Petiet, la marque produisait au début des voitures de luxe équipées de moteurs Aster deux et quatre cylindres, associés à une transmission par arbre et un double essieu arrière. Quelques années plus tard, ces moteurs furent remplacés par un V4 conçu par Ariès. Lorsque la Première Guerre mondiale éclata, le constructeur se tourna vers la production de camions militaires. Après la guerre, Ariès considéra la compétition comme la voie à suivre. Lorsque la crise financière arriva, les petites voitures devinrent nécessaires. Mais une nouvelle guerre mondiale eut raison de la firme : la production automobile cessa. Après la Seconde Guerre mondiale, Ariès revint avec des cyclomoteurs. L’aventure prit fin en 1953, le baron Charles disparaissant quelques années plus tard. 

On compte néanmoins quelque 20 000 voitures produites, dans une grande variété de modèles, types et formats, dont peut-être 3 000 subsistent aujourd’hui. L’une d’elles, une CC4S dotée d’une carrosserie en tissu de style Weymann sur structure en bois, a été récemment restaurée après être restée immobile pendant des décennies. Il s’agirait du seul exemplaire survivant de CC4S avec ce type de carrosserie. 

 

Le Néerlandais Feiko Jac de Vries a acquis la voiture il y a un peu moins de deux ans, alors qu’il ne s’agissait encore que d’un projet nécessitant une restauration complète. Les travaux avaient commencé plusieurs décennies plus tôt sous la garde d’un passionné italien qui n’était guère allé plus loin que le démontage. De Vries explique que la carrosserie et le châssis étaient présents, tous deux nécessitant une réfection totale, tandis que le moteur et les éléments mécaniques étaient séparés. «J’ai fait un pari avec mon fils, qui n’était pas tout à fait convaincu que j’y arriverais. Eh bien, j’y suis arrivé.» D’anciennes photos et des informations fournies par le club français ont permis de reconstituer l’apparence d’origine de la voiture. De Vries a travaillé dur et étonnamment vite à la renaissance de l’auto. «J’ai discuté du type et de la couleur du tissu à utiliser avec un expert en France. Ils utilisaient du brun, du bleu, du vert et du rouge ; j’ai estimé que le brun allait le mieux avec les ailes noires. Il restait un peu de peinture, ce qui nous a confirmé qu’elles avaient été noires.» De Vries est également très fier de l’intérieur. «J’ai travaillé la majeure partie de ma vie dans le commerce des tissus, j’ai donc les contacts nécessaires. L’intérieur est un élément souvent négligé lors d’une restauration, mais pas sur cette voiture. Tous les détails art déco sont présents.» 

 

Il a aussi reconstruit lui-même toute la partie mécanique. Le moteur est un quatre-cylindres de 1 130 cm³ développant 40 ch, doté d’un arbre à cames en tête et d’un allumage par magnéto. De Vries : «Dans une configuration préparée, ce même moteur a été utilisé pour les engagements d’Ariès aux 24 Heures du Mans dans les années 1920, avec une cylindrée augmentée et deux bougies par cylindre, assurant une double ignition.» Le superbe bouchon de radiateur «Nefertiti» fut retrouvé dans une boîte de pièces moteur, et De Vries pense qu’il pourrait très bien être d’origine. Il s’accorde en tout cas parfaitement avec les lignes de la carrosserie et l’intérieur art déco. La voiture offre également un très bel agrément de conduite, dit-il. Cependant, maintenant qu’elle est immatriculée et prête à prendre la route, De Vries a décidé de la vendre. «Je suis finalement plus orienté vers les voitures britanniques, et j’ai encore cinq autres autos à entretenir. Celle-là est l’intrus, donc elle doit partir.» Tenté ? Vous pouvez consulter l’annonce ici.

 

Words Jeroen Booij

 

Publié:
jeudi décembre 11th, 2025

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