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Ni raid, ni tentative de record, ni aventure ; juste un déplacement professionnel dans le Sahara

Voici le commandant Boschmans avec sa camionnette Chevrolet à Paris, en mars 1928. D’après la légende, il venait de rentrer d’un périple de 8 000 kilomètres à travers le Sahara, aller et retour. Mais quel était donc le but de cette expédition ? Nous avons retrouvé un article publié le même mois dans La Presse Libre, dont nous reproduisons ici quelques passages : « M. Boschmans, qui avait été chargé d’une mission par le gouvernement belge, quitta Alger au début de l’année, accompagné de sa jeune épouse. Ils voyageaient à bord d’une camionnette Chevrolet de série, spécialement équipée pour le voyage, et sans escorte. »

 

À leur arrivée à Paris, un certain M. Bugeya prononça un discours au nom de la Société Industrielle Automobile, félicitant M. et Mme Boschmans d’avoir mené ce voyage à bien. M. Boschmans intervint alors – du moins est-ce ainsi que l’article le relate : « Mais, expliqua M. Boschmans de la manière la plus aimable, ce voyage ne fut en réalité ni très difficile ni très dangereux. À vrai dire, il s’agissait d’un voyage touristique ordinaire, et même fort agréable, grâce à la robustesse de la Chevrolet et aux grandes dimensions de ses pneumatiques. Notre seul regret fut de ne pas avoir rencontré davantage de monde sur certaines parties de l’itinéraire. »

 

M. Boschmans expliqua ensuite le but de son voyage : « Notre colonie belge du Congo produit des quantités considérables de coton et d’autres produits, et sa partie septentrionale est plus étroitement reliée à la vallée du Nil et à l’Égypte. Par cette voie, le courrier met un mois pour atteindre l’Égypte, et il serait avantageux de pouvoir raccourcir ce trajet de plusieurs jours. C’est ce qui donna au gouvernement belge l’idée d’établir une liaison aérienne entre Bruxelles et le Congo en passant par le Sahara. Des études avaient récemment été menées en vue de cette liaison, mais sa réalisation dépendait de la création d’une route automobile régulière capable d’assurer un ravitaillement fiable. »

« C’est afin d’évaluer les possibilités offertes par cet itinéraire que nous avons voyagé de Bruxelles à Alger, puis, par Laghouat, Ghardaïa, Timimoun, Adrar et Reggane – où se trouvent les ateliers de la Compagnie Transsaharienne, qui assure le service régulier entre Colomb-Béchar et Gao –, jusqu’au Ténéré et à l’Adrar des Ifoghas, aussi loin que Tabankort. Nous n’avions absolument aucune intention d’entreprendre un raid. Nous étudiions le terrain et nous n’avons jamais cherché à accroître notre vitesse... »

 

Texte : Jeroen Booij / La Presse Libre
Photos : Bibliothèque nationale de France

 

Publié:
mercredi septembre 9th, 2026

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