Le magazine et marché mondial pour les passionnés de voitures classiques, par des passionnés.
Le magazine et marché mondial pour les passionnés de voitures classiques, par des passionnés.
Imaginez la scène : l’odeur d’huile et de cuir patiné, l’éclat discret des ailes soigneusement polies sous le soleil californien. Au milieu des rangées de Ferrari et d’Aston Martin d’après-guerre, quelques joyaux d’avant-guerre attirent immédiatement le regard – non par des spoilers tapageurs ou des couleurs criardes, mais par leur qualité et leur élégance intemporelle.
À la mi-août, le Monterey Jet Center accueillera une nouvelle vente aux enchères organisée par le Broad Arrow Group. Bien que relativement jeune, cette maison de ventes s’est rapidement imposée grâce à son partenariat avec Hagerty et à une équipe de spécialistes qui savent apprécier la vraie valeur des classiques. Le catalogue de cette année mélange sportives iconiques et raretés, mais pour les passionnés de mécanique d’avant-guerre, les trésors ne manquent pas. Voici nos trois coups de cœur.
Aux États-Unis, on pense immédiatement à Duesenberg, Cord, Packard – et bien sûr à Auburn. Le 851 Speedster est sans doute l’incarnation ultime de l’Art déco américain sur quatre roues. Conçu par Gordon Buehrig et animé par un huit-cylindres en ligne compressé de 4,6 litres développant environ 150 ch, il associait en 1935 vitesse et style avec brio. À peine 150 exemplaires furent produits. Les records établis par Ab Jenkins sur les lacs salés renforcent encore l’aura mythique de ce modèle.
La Mercer Raceabout était déjà une légende avant la Première Guerre mondiale, et la Series 5 de 1922 perpétua cet héritage. Fondée en 1909 dans le New Jersey, Mercer construisait des voitures destinées uniquement à la performance. Avec son quatre-cylindres de 72 ch, sa boîte à quatre vitesses et aucun confort superflu – juste un siège pour le conducteur et un pour un passager – la Raceabout incarne la sportivité à l’état pur. On estime qu’il reste seulement 120 exemplaires de la Series 5, un véritable témoin des débuts de la culture des voitures de sport américaines.
L’acier américain ne mérite pas toute l’attention : la Delage D6-70 française de 1939 représente la quintessence de l’élégance européenne. Le célèbre carrossier Figoni et Falaschi offrit à ce six-cylindres en ligne de 3 litres une carrosserie sculpturale et un toit cabriolet à trois positions. Présenté et primé au Concours du Bois de Boulogne, ce châssis survécut à la guerre au Portugal, réapparut en 1974 et, après une restauration minutieuse, traversa l’Atlantique en 2001 – où il continue de fasciner les amateurs.