Le magazine et marché mondial pour les passionnés de voitures classiques, par des passionnés.
Le magazine et marché mondial pour les passionnés de voitures classiques, par des passionnés.
L’arrivée imminente du Salon Rétromobile est l’occasion de célébrer plus de 120 ans d’histoire automobile. D’innombrables designers, ingénieurs et fabricants du monde industrialisé ont contribué à l’évolution des véhicules routiers qui seront bientôt exposés à Paris. C’est peut-être le moment idéal pour remonter le temps et réfléchir à la manière dont ces grandes expositions automobiles ont vu le jour.
L’Automobile Club de France, fondé en novembre 1895, avait pour principal objectif d’être une « Société d’Encouragement ». Il promouvait le mouvement automobile par le biais de compétitions, de courses annuelles, d’expositions et de salons où les fabricants pouvaient présenter leurs produits. Les concessionnaires potentiels, les journalistes, les clients et les passionnés pouvaient y découvrir les dernières avancées technologiques. En 1898, l’Automobile Club de France organisa son premier « Salon de l’automobile du cycle et des sports » sur la terrasse des Tuileries, en plein cœur de Paris.
Cet événement de 1898 s’inscrivait dans la lignée du Salon du Cycle, un événement annuel organisé depuis 1893. Ce salon lui-même était inspiré du Stanley Show, qui avait eu lieu en mars 1878 en Grande-Bretagne. Le National Cycle Show, créé en 1892 comme salon professionnel pour les membres de la Manufacturers’ Association, se tenait quelques semaines après le Stanley Show au Crystal Palace et attirait pas moins de 100 000 visiteurs.
Les premières automobiles firent leur apparition en 1894 dans la Salle Wagram à Paris, mais seulement deux exemplaires y étaient présentés. La première exposition regroupant plusieurs voitures en France eut lieu lors de la course Paris–Bordeaux en 1895, lorsque les véhicules participants furent exposés à Paris avant le départ, puis à la Galerie Rapp à Bordeaux après l’arrivée. L’Automobile Club de France, frustré par son manque de visibilité lors des événements du Salon du Cycle, décida en 1897 d’organiser sa propre exposition. Celle-là se tint à l’été 1898 dans les jardins des Tuileries pour attirer les visiteurs estivaux à Paris. Le mot « International » fut ajouté au titre pour souligner l’importance de l’événement.
En 1900, le nouveau millénaire fut marqué par l’Exposition Universelle, qui se déroula sur le Champ de Mars, le long de la Seine. Cette exposition, dédiée à tous les types de transport (et bien plus encore), attira 32 millions de visiteurs entre avril et novembre de la même année.
Les passionnés d’automobile durent patienter jusqu’en janvier 1901 pour assister à un nouveau salon dédié, organisé par l’Automobile Club de France. Dès lors, le Salon de Paris devint un rendez-vous incontournable du calendrier annuel, gagnant en ampleur et en splendeur. En 1907, De Dion Bouton recréa les Portes de Pékin pour célébrer les exploits de l’entreprise lors de l’épreuve Pékin–Paris. Le Comte (et à partir de 1902, Marquis) de Dion joua un rôle clé dans de nombreuses initiatives visant à promouvoir les potentialités de l’automobile et à soutenir les fabricants. Il comprit l’importance pour Paris d’accueillir le Salon et, dès 1901, la date fut déplacée à décembre pour offrir aux constructeurs français une plateforme internationale où présenter leurs nouveaux modèles pour l’année suivante, dans le cadre somptueux du Grand Palais.
Les publicités et affiches pour le Salon de l’Automobrle par l’Automobile Club de France évitaient toute mention explicite de la marque De Dion Bouton et de ses véhicules. Pourtant, chaque illustration comportait des éléments tels que des moteurs, des colonnes de direction ou des carrosseries, clairement reconnaissables comme étant de cette marque. Entre 1900 et 1904, une publication luxueuse intitulée Grand Album Illustré de l’Industrie Automobile fut produite pour coïncider avec le Salon et destinée aux dignitaires présents.
Les fabricants d’automobiles en France durent faire face à de nombreux défis après la récession de 1907–1908, qui les obligea à réduire drastiquement leurs dépenses. À l’issue du Salon de 1908, Armand Peugeot déclara que l’automobile ne se développait pas assez rapidement pour justifier une exposition annuelle. Il convoqua une réunion de 30 fabricants pour proposer une organisation moins fréquente des salons. Le Marquis de Dion s’y opposa, mais Peugeot l’emporta. Le Salon de 1909 fut annulé, mais il revint fin 1910 sous la direction d’Armand Peugeot, qui resta président jusqu’à sa mort en 1913, lorsque Louis Renault lui succéda.
Pour en savoir plus sur l’histoire de l’automobile en France et sur l’entreprise De Dion Bouton, consultez De Dion Bouton, The Veteran Years, 1899–1904 de Michael Edwards, disponible au stand PreWarCar.fr (1R022) lors du Salon Rétromobile.
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Molto interessante.