Le magazine et marché mondial pour les passionnés de voitures classiques, par des passionnés.
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La semaine prochaine, le Salon Rétromobile se tiendra à Paris. Le salon peut être décrit comme énergique, passionné et délicatement romantique. Des centaines d’automobiles remarquables y seront exposées – et nul doute que certaines changeront de mains. Dans l’univers d’avant-guerre, une marque s’impose immédiatement : Bugatti de Molsheim.
Sur le stand de PreWarCar.fr sera présenté un exemplaire exceptionnel : une Bugatti Type 57 au pedigree sportif remarquable, incluant la victoire au classement général du Paris–Nice 1935.
Le châssis 57300, équipé du moteur numéro 154, fut livré le 3 décembre 1934 au concessionnaire Bugatti Gaston Descollas à Marseille. Pilote actif avec son épouse, Descollas fit spécifier l’auto avec une carrosserie torpédo de compétition à quatre places afin de participer à des épreuves de longue distance telles que le Paris–Nice, avec l’objectif clair de l’emporter face à de solides rivaux. Dès l’origine, il était entendu qu’il s’agissait d’une carrosserie fonctionnelle, tournée vers la vitesse plutôt que vers l’élégance. La livraison eut lieu le 3 janvier 1935, et la Bugatti fut rapidement mise à l’épreuve. Le 27 février 1935, Madame Claire Descollas engagea la voiture dans la Paris–Vichy–St. Raphaël Féminin, une course exclusivement réservée aux femmes.
Au départ du rallye Paris–Nice, disputé du 13 au 18 avril 1935, plusieurs Bugatti étaient alignées, dont plusieurs Type 57 ainsi qu’une Type 44 et une Type 43. C’est toutefois Descollas qui remporta la victoire au classement général au volant de sa Type 57 – une véritable surprise pour un amateur et une performance saluée par tous.
En mars 1936, Descollas vendit l’auto à un autre garagiste, qui la céda à son tour en mai à un homme d’affaires espagnol à Marseille. Sans intention de courir, le nouveau propriétaire commanda une carrosserie entièrement nouvelle chez Gangloff à Colmar. Le résultat fut un élégant coupé sportif fermé, livré le 21 juin 1936.
Quelques mois après le début de la capitulation de la France, le 18 décembre 1940, le châssis 57300 fut immatriculé à Barcelone au nom de Monsieur Senchermes. L’Espagne, sous Franco, maintenait alors une position de neutralité militaire. Après 34 années de propriété, la voiture fut vendue à un collectionneur madrilène, avant d’être acquise sept ans plus tard par Martin Ferrer.
En 2001, la Type 57 entra dans une collection allemande. À cette époque, la carrosserie avait été modifiée dans le style d’une Stelvio et une restauration complète fut entreprise. Des éléments de la carrosserie torpédo d’origine de Descollas furent retrouvés, notamment le capot d’origine, le réservoir de carburant et des sections de la partie arrière. Grâce à des photographies d’époque, il fut possible de recréer une copie fidèle de la configuration torpédo initiale. Tous les composants mécaniques – conservant leurs numéros concordants avec le moteur 154 – furent intégralement révisés. La voiture était de nouveau prête pour de nouvelles aventures, dans la même forme spartiate et fonctionnelle que celle avec laquelle elle s’était imposée à Paris en son temps.
Quelques années plus tard, la Bugatti fut vendue à la Loh Collection et fait aujourd’hui partie de la Dold Collection, où nous avons eu le plaisir de l’admirer lors de plusieurs événements.
Aujourd’hui, cette remarquable Bugatti revient dans la ville où ses premiers triomphes ont commencé. Vous êtes chaleureusement invités à la découvrir au Salon Rétromobile, stand 7.3 B011.