Le magazine et marché mondial pour les passionnés de voitures classiques, par des passionnés.
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Si nos lecteurs veulent bien se replonger dans les années 1900, ou bien dans le mois de mai qui vient de s'écouler et le Vintage Revival Montlhéry, ils se souviendront des raisons pour lesquelles nous avons été très enthousiastes à propos des tricycles cette année. Cet été, Paris a accueilli les Jeux olympiques, et c'est lors des premiers Jeux olympiques de Paris, en 1900, que le sport héroïque qu'est le tricycle a été élevé, pour la seule et unique fois, au rang de compétition olympique. C'est en gardant à l'esprit ce fait important, mais généralement oublié, que l'équipe Jarrott a ramené la course de tricycles en France pour la première fois depuis cette période, avec une course spéciale sur un court ovale sur le circuit de Montlhéry.
C'est dans cet esprit que nous avons eu le plaisir de recevoir cette photo d'un correspondant qui pensait qu'elle pourrait, accessoirement, nous intéresser. Bien sûr que oui, beaucoup, et nous n'avons même pas besoin d'en dire plus car, avec le garage et l'affiche en arrière-plan, elle parle pour elle-même. Nous voyons bien que nous sommes devant l'atelier de Paul Pagie, fabricant de cycles et d'automobiles, mais aussi réparateur et loueur. Pour notre part, nous ne pensons pas que M. Pagie ait jamais été constructeur d'automobiles, mais il a certainement construit des bicyclettes et probablement fabriqué des pièces détachées pour automobiles.
Il n'y a peut-être aucune raison pour que le nom de Paul Pagie soit familier à quiconque aujourd'hui, mais ceux qui étudient sérieusement l'histoire du cyclisme, en particulier en France, connaissent peut-être son frère cadet, Émile (1883-1937). À l'âge de 16 ans, Émile est déjà un cycliste compétitif, participant aux courses Tourcoing-Armentières-Roubaix et Tourcoing-Quesnoy-Tourcoing en 1899. En 1900, il termine neuvième du Paris-Roubaix et se classe huitième de la même course en 1902, année au cours de laquelle il participe au Bordeaux-Paris. Après s'être remis d'une chute sans gravité au début de l'année 1903, il participe à deux des épreuves cyclistes les plus importantes et les plus nouvelles de l'année, le Tour de France et Paris-Valenciennes, bien qu'Émile abandonne le Tour de France au cours de la deuxième étape. Outre le compte rendu de la Coupe Gordon Bennett, l'édition du 3 juillet 1903 du Monde Sportif accorde une large place à la performance de Pagie dans le Tour de France. La dernière chose que nous savons de sa carrière de coureur est qu'il a participé à Paris-Roubaix pour la troisième fois en 1904, terminant à nouveau à la neuvième place.
La mort d'Émile à Neuilly-sur-Marne le 1er août 1937, dans des circonstances assez alarmantes, est rapportée dans La Dépêche du Berry: « Émile Pagie, garagiste de Neuilly-sur-Marne, 54 ans, qui avait rompu toute relation avec son amie, Mlle Lucie Cloarec, 41 ans, infirmière à l'asile de Ville-Evrard, lui a tiré ce matin plusieurs coups de revolver, la blessant grièvement, puis s'est tué d'une balle dans le cœur. Mlle Cloarec a été transportée à l'hôpital de Montfermeil dans un état très grave ».
Pour la photographie qui nous intéresse, il faut cependant remonter un peu dans le temps. L'affiche nous donne une bonne indication de la date exacte de la prise de vue. On peut y lire « Ville de Tourcoing - Dimanche 7 Octobre 1900 - Grande Course Vélocipédique - Tourcoing à Armentières - 1e. de Prix ça Espéces Fr. 125. »
Nous sommes certains qu'à l'époque, les frères Pagie devaient être basés à Tourcoing, une grande ville située à environ 45 miles de Dunkerque et juste à la frontière belge. Sa population était alors d'environ 79 000 habitants, mais elle avoisine aujourd'hui les 100 000, et elle a été pratiquement engloutie par la conurbation qui s'étend de Lille, en France, à Courtrai, en Belgique. La photo a vraisemblablement été prise quelques semaines avant le 7 octobre, alors que les Jeux olympiques, qui se déroulaient du 18 mai au 28 octobre, étaient encore en cours.
Cela nous amène enfin aux tricycles. Il est fort probable qu'il s'agisse de deux De Dion-Bouton - nous pouvons clairement voir l'écusson De Dion sur celui de la dame, il n'y a donc aucun doute à ce sujet. Qui pourraient être les cyclistes ? Nous aimerions penser que le jeune homme est soit Paul, soit Émile, mais nous n'avons aucun moyen de le savoir, et il n'y a aucun indice quant à l'identité de notre intelligente dame du vendredi. Puisque Émile avait un tel esprit de compétition sur deux roues, devons-nous supposer qu'il s'est peut-être aussi aventuré sur trois roues, avec un moteur ? Se pourrait-il même qu'il ait eu l'ambition de devenir un coureur olympique de tricycle ?
On aimerait bien le croire, et il y a peut-être un historien quelque part qui peut nous le dire.
Nous avons entendu la triste histoire d'Émile, d'ailleurs, mais qu'est-il advenu de Paul ? En fin de compte, nous ne le savons pas, mais ses affaires semblaient toujours florissantes en 1912, lorsqu'il fit de la publicité dans le Journal de Roubaix, bien qu'il n'annonçât plus de services automobiles. Par une ironie tragique, il s'était lancé dans la fabrication d'armes légères, revolvers et carabines. Il s'est également spécialisé dans l'émaillage, le nickelage et le bronzage, et s'est étendu pour occuper trois locaux distincts : 18, rue de Lanney, à Roubaix ; 30, rue St-Jacques, à Tourcoing ; et 202, rue Léon-Gambetta, à Lille.
La rue St-Jacques semble abriter un certain nombre de bâtiments historiques. Peut-être l'ancienne usine Pagie s'y trouve-t-elle encore ?
Paroles : Zack Stiling
Photographie : source inconnue
2. They are not for the Olympic Games
3. It was on April 23rd, 1900, but for a bicycle race organised with the help of the "Gais Pédaleurs" society and Paul Pagie
4. The photo was taken at 171, Rue de la Croix-Rouge in Tourcoing, the address of Paul Pagie and his workshop....
I say we need to stop taking drugs, you're crazy!
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1 - C'est pas des tricycles De Dion Bouton 2 - C'est pas pour les jeux Olympique 3 - C'était le 23 avril 1900 mais pour une Course Vélocipèdique organisée avec le concours de la société des "Gais Pédaleurs" et Paul Pagie 4 - La photo a été prise 171, rue de la Croix-Rouge à Tourcoing, adresse de Paul Pagie et son atelier.... Moi je dis qu'il faut arrêté la drogue, vous délirez !