Le magazine et marché mondial pour les passionnés de voitures classiques, par des passionnés.
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La plupart d’entre vous l’auront déjà lu ici sur PreWarCar.fr : l’extraordinaire périple en solitaire de Tomas de Vargas Machuca lors du Peking to Paris Motor Challenge 2025. À l’époque déjà, cela semblait hors du commun. Désormais, c’est officiel : son exploit a été homologué par Official World Record Europe comme record du monde : La première personne à avoir relié Pékin à Paris en solitaire à bord d’une voiture d’avant-guerre.
Nous avons rencontré Tomas pour évoquer ce voyage, la réalité derrière les titres et ce qui pousse quelqu’un à tenter ce que la plupart n’envisageraient même pas. L’idée de parcourir près de 15 000 kilomètres seul dans une voiture d’avant-guerre n’a pas vraiment suscité d’enthousiasme.
“Pour commencer, la plupart m’en ont dissuadé,” reconnaît Tomas avec un sourire. “Mais quand on regarde d’autres disciplines — traverser l’Atlantique en solitaire, faire le tour du monde — on se dit : pourquoi pas en rallye historique ?”
Et il l’a fait. En 37 jours, Tomas a parcouru 12 pays au volant de sa Bentley 3-4½ Litre (1926), de Pékin jusqu’à Paris. Seul. Sans copilote. Sans partage de la fatigue. Personne pour prendre le relais lorsque les choses se compliquaient.
L’itinéraire lui-même constitue une épreuve pour l’homme et la machine : Chine, Kazakhstan, traversée de la mer Caspienne vers l’Azerbaïdjan, puis la Turquie et l’Europe via la Géorgie, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, l’Autriche, l’Allemagne, la Suisse et la France.
“Il y a eu des jours de pluie, des jours de chaleur extrême, et puis les tempêtes de sable,” se souvient-il. “Parfois, les tentes étaient emportées par le vent. Et à la fin de chaque journée — quelle que soit l’heure — la voiture devait être entretenue.”
L’entretien n’était pas une option. “Sans cette discipline, on n’arrive tout simplement pas à Paris.”
Six nuits ont été passées sous tente. Une grande partie des trois premières semaines s’est déroulée au cœur du sud du désert de Gobi.
Remarquablement, Tomas ne s’est pas contenté de terminer : il s’est classé 14e au général. Pourtant, même la ligne d’arrivée à Paris ne marquait pas la fin. “Nous avons célébré magnifiquement à Paris,” dit-il, “mais je n’avais pas le sentiment d’avoir terminé.”
Ce sentiment a conduit à un dernier geste, presque d’un autre temps. “On m’a dit qu’autrefois, on ne terminait vraiment que si l’on rejoignait l’épreuve et que l’on rentrait ensuite chez soi. J’ai donc ramené la Bentley à Londres — puis jusqu’à Bicester.”
La reconnaissance officielle par Official World Record Europe inscrit désormais cet exploit dans les livres. Mais pour Tomas, la portée est plus profonde : “Je suis ravi de cette reconnaissance. Comme j’ai été inspiré par les pionniers avant moi, j’espère que cela incitera d’autres à sortir de leur zone de confort.”
Il marque une pause avant d’ajouter une note personnelle : “Je dédie cela à mon père disparu, qui a joué un rôle essentiel dans ma passion pour l’aventure — et pour l’automobile.”
Le Peking to Paris Motor Challenge a toujours été le théâtre d’exploits remarquables. Les éditions précédentes ont vu des records établis par Anton Gonnissen et Mitch Gross dans des machines tout aussi atypiques.
Mais celui-ci semble différent. “Il y avait une méthode dans la folie,” dit-il. “Je voulais simplement voir si c’était possible.”
Maintenant, nous le savons.
C’est possible.