Le magazine et marché mondial pour les passionnés de voitures classiques, par des passionnés.
Le magazine et marché mondial pour les passionnés de voitures classiques, par des passionnés.
L’amour de François Melcion pour les voitures anciennes est né très tôt. À seulement quinze ans, il acheta sa première voiture : une Citroën C4. Il lui manquait la banquette arrière. À la recherche d’une solution, il se retrouva dans le garage de Marc Nicolosi. Marc lui dit simplement : « Va donc jeter un œil derrière l’atelier. » François y trouva exactement la bonne banquette et fut autorisé à l’emporter gratuitement. Ce qui n’était qu’un petit geste devint le point de départ d’une amitié profonde qui allait durer toute une vie.
Dès cette première visite, il était clair où se trouvait le cœur de Marc : chez Bugatti. Dans l’atelier se tenait une Type 35, la voiture que son fils possède encore aujourd’hui. Bugatti était le seul sujet dont il parlait. À partir de ce moment, François et Marc firent tout ensemble.
Leur « marketing » était aussi simple que brillant : ils se déplaçaient partout en Bugatti. On les voyait dans les rues, dans les villages et lors des rassemblements. Chacun comprenait immédiatement qu’ils étaient profondément impliqués dans le monde de l’automobile historique. C’était la meilleure façon de rencontrer des gens et de créer des liens.
En 1981, François acheta sa première Bugatti, une Type 40, lors de la toute première édition de Rétromobile à la Porte de Versailles. Un an plus tard suivit une Type 37. Son ami Marc possédait déjà une Type 35, et François voulait quelque chose de comparable. Avec cette Type 37, il parcourut plus de 100 000 kilomètres — non pas pour la conserver dans un coin, mais pour l’utiliser réellement.
La graine de Rétromobile avait été semée plus tôt. En 1974, Marc Nicolosi fut sollicité pour organiser une exposition temporaire destinée à promouvoir une grande encyclopédie automobile, Alpha Auto, dans l’ancienne gare de la Bastille. Grâce à la réputation de Marc, il parvint à réunir une soixantaine de voitures remarquables, principalement issues de cercles amicaux. L’organisateur prit en charge le transport, l’exposition dura dix jours et rencontra un grand succès.
Marc et François en perçurent immédiatement le potentiel : pourquoi ne pas en faire quelque chose de permanent ? Un lieu de rencontre pour les passionnés, avec des voitures, des pièces, des clubs et des magazines. En 1976, Rétromobile vit le jour, une fois encore à la gare de la Bastille. Les premières éditions, organisées par Marc avec l’aide de François, mettaient fortement l’accent sur les voitures d’avant-guerre : environ 80 % des véhicules exposés dataient d’avant 1940. Des amis apportaient des caisses entières de pièces détachées depuis leurs garages et les vendaient sur place. On y trouvait de véritables trésors. Des magazines français et allemands s’y associèrent également. Nulle part ailleurs dans le monde n’existait un salon indoor comparable.
Pendant cinq ans, Rétromobile resta à la Bastille. Lorsque la gare fut démolie, le salon déménagea à la Porte de Versailles, où il débuta sur une surface d’environ 3 500 à 4 000 mètres carrés.
Pour le monde de l’automobile historique, Rétromobile a toujours revêtu une importance fondamentale. C’est l’unique lieu où tout le monde se retrouve. Le salon a contribué de manière immense à l’esprit de la communauté des voitures anciennes — en France, en Europe et dans le monde entier. Interrogé sur la différence entre Rétromobile et le salon d’Essen, François répond avec un sourire : « Ils ne sont pas concurrents, mais complémentaires. J’aime Essen, mais Essen sent la saucisse ; Rétromobile sent le foie gras. »
Lorsqu’on lance quelque chose, on ne sait jamais s’il réussira. Que Rétromobile prospère encore cinquante ans plus tard, François qualifie cela de « merveilleux ».
En coulisses, plusieurs figures clés jouèrent un rôle déterminant. Brigitte Benoit-Latour était officiellement secrétaire, mais en réalité bien davantage. Dès le début, elle fut indispensable et vécut parmi les voitures anciennes. Peu après, Thierry Farges rejoignit l’équipe, se consacrant principalement aux véhicules exceptionnels et rares.
L’idée originale venait de Marc Nicolosi. Durant les deux premières années, François aida à la fois à l’organisation et en tant qu’exposant, mais cela s’avéra trop exigeant. Il décida de se consacrer entièrement à l’organisation. Au début des années 2000, le concept fut vendu, bien que François et Marc demeurassent impliqués dans la direction. François devint directeur sous Comexposium et occupa ce poste jusqu’à il y a six ans, lorsqu’il prit sa retraite. Par la suite, il continua comme consultant.
Selon François, il est essentiel que Rétromobile offre quelque chose à chacun. C’est le défi chaque année. Il considère l’introduction du SuperCar Garage comme une excellente idée : ceux qui ne connaissent que les supercars modernes peuvent venir découvrir qu’il existe bien davantage. En même temps, Rétromobile reste fidèle à ses racines — on y trouve toujours plus de voitures d’avant-guerre que dans n’importe quel autre salon au monde.
Ce qui commença par une banquette arrière manquante dans une Citroën est devenu l’un des événements automobiles historiques les plus importants au monde. Et en son cœur a toujours battu la même passion : l’amour des automobiles d’exception — et surtout de Bugatti.
Lors de la prochaine édition, la Bugatti Type 35 de Marc Nicolosi (aujourd’hui propriété de son fils Baptiste), l’ancienne Type 37 de François, l’Amilcar CGSS de Brigitte Benoit-Latour et une maquette à l’échelle 1:20 de l’Aérotrain de 1964 de Jean Bertin, présentée par Thierry Farges, seront exposées ensemble.