Le magazine et marché mondial pour les passionnés de voitures classiques, par des passionnés.
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Les livres consacrés aux automobiles classiques sont souvent soit des encyclopédies arides, soit de la pure fiction sans profondeur technique ni historique. Wheelbase II – The Tunisian Operation de Michael Kliebenstein constitue une heureuse exception. Kliebenstein n’est pas seulement auteur : il est aussi un marchand de voitures de collection reconnu, fort de plusieurs décennies d’expérience. Après le succès de Wheelbase, cette suite propose à nouveau un thriller de fiction dans lequel de vraies automobiles tiennent les premiers rôles. Nous avons parlé avec Michael des voitures les plus importantes de son livre :
L’Auto Union Type C est une véritable obsession pour Kliebenstein. « C’est l’origine du concept moderne de la Formule 1 : moteur, boîte et suspension réunis en un seul ensemble à l’arrière. Du pur Ferdinand Porsche. » Pendant des années, il a suivi la rumeur selon laquelle un exemplaire, accidenté lors du Grand Prix de Tunis en 1936, ne serait jamais revenu en Europe et reposerait quelque part sous le sable nord-africain. Dans Wheelbase II, ses héros découvrent réellement cette machine mythique – une trouvaille qui se lit comme de la poésie pour le véritable connaisseur.
Le châssis 3DL200 se trouvait autrefois à Kaboul. Ce Phantom III constitue le cœur émotionnel du livre. Dès les années 1980, Kliebenstein connaissait son existence abandonnée dans l’enceinte du palais royal. « Il appartenait jadis au roi d’Afghanistan. Si désirable. Mais sous le régime taliban, je n’ai jamais pu l’approcher. » Livrée à l’origine au roi Mohammed Zahir Shah à Peshawar, la voiture finit par rejoindre Kaboul. Sous les talibans, elle fut détruite ; l’aluminium de la carrosserie Park Ward fut fondu pour fabriquer des couverts. Dans le livre, la Rolls-Royce survit comme porteuse d’un grand secret. Les chapitres dans le désert comptent parmi les plus marquants. À ce jour, nul ne sait où se trouvent ses restes.
« Personne ne me croit quand je dis que la Dodge WC52 est une voiture fantastique », sourit Kliebenstein. « Tout le monde préfère une Willys Jeep. Moi, je les apprécie énormément. » Dans le récit, une WC52 et une WC63 à trois essieux traversent le désert tunisien et libyen. La WC52 s’appelle « Desert Belle ». « C’est la voiture de mon héros – j’en conduis une moi-même. » Elle finit par atteindre Londres, où elle affronte les méchants. Un cheval de trait militaire doté d’une vraie personnalité.
Dans les premiers chapitres, les protagonistes roulent dans une Bentley S1 Continental Fastback vert fumé, intérieur cuir rouge. Pour Kliebenstein, c’est l’une des meilleures Continental jamais produites : « Parfaitement équilibrée, rapide, un couple immense, précise et réactive. Je la préfère même à la R-Type. » La Bentley sert de voiture quotidienne – exactement ce pour quoi elle a été conçue.
Ce cabriolet américain a une valeur personnelle pour l’auteur. « J’y vois toujours un soldat américain en Europe. Quand j’étais jeune, un sergent roulait ici en uniforme, toujours dans une Galaxie. » Cette image est devenue la base du chapitre six.
Ces deux Ferrari inspirent Kliebenstein depuis des années. Un jour, elles lui furent proposées par un escroc qui ne les possédait même pas – il se contentait de les polir. Cette expérience s’est glissée dans l’intrigue et lui a donné un tournant inattendu.
« Les premiers prototypes Porsche sont les véritables supercars des années 1960. » Kliebenstein a travaillé avec plusieurs 917 et s’est inspiré de son expérience au volant de la David Piper 917 pour écrire une scène dramatique. « Je voulais transmettre leur extrême fragilité. C’était une époque où la peur faisait toujours partie du voyage. » Dans le livre, cela mène à un violent accident à Silverstone.
Au chapitre huit apparaît une 288 GTO au passé mystérieux. « Beaucoup de Ferrari sont en réalité composées de plusieurs voitures. Celle-ci aussi – mais on découvrit plus tard qu’il s’agissait d’une rarissime voiture de rallye Groupe B. » Dans le livre, tout tourne autour d’une question : quel est le véritable numéro de châssis ?
« La F40 n’est pas faite pour les timorés », affirme Kliebenstein. Embrayage lourd, boîte impitoyable. Dans le récit, ses héros en conduisent une en plein hiver sur la M1. « Elle rue comme un cheval furieux. Il faut la saisir par la nuque. » Sortir les classiques de leur zone de confort – voilà sa passion.
Kliebenstein a participé à la renaissance de Rolls-Royce sous BMW et parcouru des milliers de kilomètres au volant de différents Phantom VII. Ses préférés sont le Coupé et la version EWB. « Ces classiques modernes jouent toujours un rôle majeur dans mes livres. »
Wheelbase II – The Tunisian Operation est ainsi un thriller écrit par quelqu’un qui vit réellement l’histoire de ses protagonistes – ou peut-être l’inverse. Quoi qu’il en soit, il est raconté par un homme qui vit pour ces automobiles. Et cela ne lasse jamais.