Le magazine et marché mondial pour les passionnés de voitures classiques, par des passionnés.
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Numéro de châssis : 44437
Numéro de moteur : 154
Saluée par la presse automobile de l’époque comme la véritable automobile du gentleman, la Type 44 succéda à la Type 38 avec une cylindrée accrue, le célèbre huit cylindres en ligne de Bugatti passant à 3 litres. Elle bénéficiait également d’un nouveau vilebrequin à neuf paliers monté sur coussinets lisses, améliorant à la fois les performances et le confort de conduite. Les qualités traditionnelles des voitures de tourisme construites à Molsheim étaient complétées par des carrosseries confortables et spacieuses, une combinaison qui contribua au succès commercial du modèle.
En juillet 1928, le registre de carrosserie Figoni mentionne la facture numéro 225 adressée à Bugatti Paris pour le châssis numéro 44437 : une carrosserie quatre places construite sous le brevet du pilote automobile Jean Vizcaya et commandée pour M. McConnell au prix de 18 000 francs français.
Quelques mois plus tôt, les registres de l’usine Bugatti datés du 3 avril 1928 indiquaient que les châssis numéros 44436 à 44450 avaient été affectés au showroom parisien ou au stock du « Magasin », et non à des importateurs ou à des commandes particulières, selon une copie numérique accompagnant la voiture. Un document comptable distinct précise également que le châssis 44437 fut facturé 45 684 francs français au bureau de vente parisien de Bugatti, la Société des Ventes.
Les documents anciens fournis par Peter Larsen, historien et spécialiste de la marque Bugatti, comprennent également une copie numérique des registres douaniers d’origine. Ceux-ci confirment que la Bugatti fut expédiée à bord du Saint Andrew le 9 août 1928, mise en caisse à destination de Southampton avant de poursuivre son voyage vers McConnell, à Montréal.
John W. McConnell, homme d’affaires ayant commencé sa carrière à l’âge de quatorze ans, était également un homme de goût. Après avoir fait fortune comme propriétaire et éditeur du Montreal Star et membre du conseil d’administration de quinze entreprises, il devint collectionneur d’art et philanthrope. Amateur averti de Bugatti, McConnell acquit cette Type 44 ainsi qu’une Type 57 par l’intermédiaire du colonel Sorel, importateur britannique de Bugatti établi à Londres.
Selon l’ouvrage Joseph Figoni: Le Grand Couturier de la Carrosserie Automobile de Peter M. Larsen et Ben Erickson, qui consacre douze pages au châssis 44437 et dont des copies numérisées figurent au dossier, le propriétaire suivant dont le nom est connu fut D. Cameron Peck. Celui-ci vendit la voiture en 1950 pour 1 350 dollars à Tom Carstens, de l’État de Washington. Carstens la céda ensuite à Ken Purdy, résident du Connecticut et auteur de Kings of the Road, qui confia sa restauration complète aux spécialistes des automobiles d’avant-guerre James Hoe et Bunny Phillips.
On sait que le châssis 44437 fut séparé de son moteur d’origine à un moment donné au cours du XXe siècle. Celui-ci, portant le numéro 154, passa finalement entre les mains du spécialiste Bugatti Ivan Dutton, en Angleterre. À la suite d’un échange commercial, le moteur retrouva son châssis d’origine en 1994.
En 1972, Theodore Waugh acquit la Bugatti auprès de Mme Purdy. Durant sa période de possession, la carrosserie fut restaurée par Gus Reuter, qui lui appliqua sa livrée actuelle et installa un pare-brise, la voiture n’en ayant vraisemblablement jamais été équipée auparavant. Waugh, dont la collection de Bugatti comptait parmi les plus remarquables de son genre, conserva la voiture pendant plus de 50 ans avant qu’elle ne soit proposée aux enchères publiques en 2024.
Sous la responsabilité de son propriétaire actuel, la voiture bénéficia en 2025 d’un programme complet de remise en service mécanique représentant près de 70 000 dollars. Chaque composant fut soumis à une inspection d’une minutie exceptionnelle, jusqu’aux plus petites fixations et aux moindres joints. Réalisés selon les plus hauts standards d’authenticité et de savoir-faire, ces travaux sont intégralement documentés par les factures détaillées accompagnant le dossier de la voiture. Ils comprenaient la révision du démarreur avec remplacement du mécanisme Bendix, la fabrication d’un nouveau réservoir de carburant, le nettoyage du carburateur et du système d’admission ainsi que le remplacement de la canalisation de carburant, l’inspection des cylindres, l’entretien du différentiel et de la boîte de vitesses, la réfection de l’embrayage, le nettoyage et le réglage du système de freinage, le montage de quatre pneus neufs et une importante révision générale comprenant la lubrification de tous les composants mécaniques.
Réunie avec son moteur d’origine portant les numéros concordants, abondamment documentée par l’historien de Bugatti Peter Larsen et ayant bénéficié des meilleurs soins au cours de l’année écoulée, cette Type 44 constitue une rare occasion d’acquérir l’automobile de gentleman par excellence. Célébrée par la presse automobile de son époque, elle se distingue par son élégante carrosserie Figoni, qui lui ouvre les portes des plus prestigieux concours d’élégance au monde.

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