Le magazine et marché mondial pour les passionnés de voitures classiques, par des passionnés.
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Mabel Boll n’est peut-être pas un nom connu aujourd’hui, mais dans les années 1920, elle savait faire les gros titres et captiver les cœurs. Née en 1893 à Rochester, New York, d’un père barman, elle a dû faire sa place dans la vie en vendant des cigares pendant un court moment. Pourtant, ses cheveux dorés et ses yeux profonds et implorants lui ont rapidement ouvert d’autres portes. Un homme d’affaires plus âgé, Robert Scott, l’a conquise, et ils se sont mariés en 1909. Après leur divorce en 1917, elle a épousé en 1922 le magnat colombien du café Hernando Rocha. Ce dernier l’a comblée de bijoux et semblait capable de satisfaire tous ses désirs.
Mabel, surnommée la "Reine des Diamants," est devenue une figure incontournable de la haute société, apparaissant souvent dans les journaux arborant des bijoux d’une valeur de 400 000 $. Dans la trentaine, elle n’a rien perdu de son éclat; bien au contraire, elle était encore plus audacieuse. Son esprit d’aventure s’est tourné vers l’aviation, alors en plein essor, et sa richesse lui a permis de tenter sa chance, du moins comme passagère. Inspirée par le vol transatlantique de Charles Lindbergh en 1927, elle a décidé d’être la première femme à traverser l’Atlantique en avion. Mais malgré une récompense de 100 000 $ offerte au pilote qui accepterait de l’emmener, les obstacles se sont multipliés.
Après plusieurs échecs, Mabel a trouvé une place à bord du Columbia pour un vol sans escale de New York à La Havane en 1928, qui lui a valu une première page dans le New York Times. Pourtant, son rêve transatlantique a été éclipsé par Amelia Earhart, qui a accompli cet exploit en 1932, laissant Mabel dans l’ombre.
Nous ne savons pas grand-chose des goûts de Mabel en matière d’automobiles ni si elle s’intéressait particulièrement à la conduite. Cependant, il est évident qu’elle choisissait uniquement le meilleur, que ce soit des voitures sportives ou des véhicules de luxe. En 1935, connue sous le titre de Comtesse de Porceri après son mariage en 1931 avec Henri de Porceri, un comte polonais (divorcés en 1933), elle était propriétaire d’une élégante SS1 tourer de 1935.
Lancée en 1931, la SS1 était née de la collaboration entre William Lyons et Standard, qui fournissait des châssis 16hp sur lesquels Swallow Sidecars posait ses carrosseries exotiques. Des modifications au châssis abaissèrent le plancher de cinq pouces et reculèrent le moteur de sept pouces, ce qui permit d’obtenir des proportions exagérément élégantes. Elle ressemblait à une voiture très onéreuse, mais son prix était étonnamment abordable : le Daily Express la qualifia de "Voiture à l’apparence d’une 1.000 livres pour seulement 310 livres."
En 1933, la version tourer quatre places rejoignit les modèles berline et coupé déjà existants. À la même époque, les moteurs furent améliorés : le 16hp passa de 2.054cc à 2.143cc, et l’option 20hp de 2.552cc à 2.663cc, permettant une vitesse maximale de 120 km/h. En 1935, la SS1 atteignait le sommet de son développement et constituait une voiture idéale pour une femme de rang comme la Comtesse.
Nous ignorons comment Mabel utilisait sa SS1, ni si elle s’en servait en Europe ou aux États-Unis. Cependant, sachant que la voiture se trouvait à Hawaï en 1964, 15 ans après la mort de Mabel, il est probable qu’elle l’ait expédiée en Amérique. Restaurée en 2013, la SS1 retourna aux îles britanniques et fut remise sur la route en 2019.
Aujourd’hui, cette SS1, peinte dans un crème subtil et équipée du moteur 20hp que la Comtesse aurait pu choisir elle-même, est un véhicule idéal pour les sorties estivales ou un concours d’élégance. La bonne nouvelle ? Elle est actuellement à vendre chez Le Riche Automobile Restorers, sur l’île de Jersey. Pourquoi ne pas envisager cet achat pour un plaisir raffiné cet été ?
The latest sales advert for this SS1 states that it was delivered new to Countess Porceri/Mabel Boll in February, 1935. She was then still living at her villa in the south of France and did so until at least late in 1936 but, according to the February 6th, 1935, Bystander magazine, for that month at least Countess Porceri was staying in London with her son Robert Scott II., often mingling with other guests at the Dorchester Hotel. Perhaps they even visited Mabel’s sister Lillian, married to Leicester hosiery equipment manufacturer Dr. Edwin Wildt since 1925.
Mabel’s son was born on November 12th, 1913, during her first marriage, meaning that early in 1935 he had only recently turned twenty-one. He had lived mostly with his grandparents or uncle George Boll in Rochester, N.Y., but did live with Mabel and her mother in Paris for a while from 1923, returning to live in Rochester by 1930. Did he take the SS1 back to the U.S.A. after his 1935 London visit? If so, he could only have owned it for a few years because he died in 1942, by then a respected Manhattan jeweller.
Of Mabel Boll and her cars, there are a few recorded sightings. Notorious for her desire to fly but not as a pilot, neither was she was notable as sports car owner or even an owner-driver.
Fleeing from a threat of a robbery attempt on her jewellery in Nice around 1925, she had to be taken from Gare de Lyon to a Barclays bank vault in an armoured car. With more newly-acquired wealth after the death of Hernando Rocha in a car accident in Columbia in 1928, she was described in New York “being whisked from luncheon to shop to aviation field in her green Rolls-Royce” and later reports claimed she had also used a bright green Rolls in Paris. In England in June, 1928, she was reported to have motored up to see her sister, viâ the Shady Lane arboretum in Leicester, but was also photographed alighting from her chauffeur-driven 1928 Minerva at a hotel in Nice before taking it back to New York that year.
Divorcing Count Porceri in August, 1933, she purchased her Duesenberg by February, 1934. Reports of what happened next do vary but she was described first arriving from Paris at a French Riviera hotel “with her maid and chauffeur.” Reuters’ news-agency reported May 16th, 1934: “Soon she and a good-looking young man became a familiar sight to residents as they raced along the coast in sports cars.”
She took over the Villa Florentina, St. Jean, Cap Ferrat overlooking the sea but seemingly refused to let her 27-year-old suitor, hotel owner and dancer Georges Charlot, move in. Rebuffed, he tried unsuccessfully to commit suicide by shooting himself in her garden, resulting in hospital treatment. Mabel, Reuters then said, “drove up in his blue sports car” at the nursing home in Nice where he was recovering. Two hours later she had to evade a crowd of paparazzi to re-enter the car and escape. She returned to collect him later in an ambulance, which drove off in the direction of her villa.
After her sojourn in London with her son in 1935, she was in London in September, 1936, “at the Savoy with only a French maid to guard her £250,000-worth of jewels while she drove about London for six days” before returning viâ Paris to her Riviera Villa. There she continued to use her Franay-bodied Duesenberg until at least the end of the year but, when war threatened, she left it there and returned to the U.S.A. for good. She married again in spring, 1940, having already bought a house in Florida, where she was seen with her husband and son, but died in New York in 1949.