Le magazine et marché mondial pour les passionnés de voitures classiques, par des passionnés.
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Sur le plan technologique, Maybach était très en avance sur son temps. Pendant la guerre, le gouvernement allemand fit appel à Maybach pour motoriser tous ses véhicules semi-chenillés et ses chars, tandis que l’entreprise comptait également parmi les principaux fournisseurs de moteurs des industries navale et aéronautique. Même les emblématiques dirigeables « Zeppelin », qui traversaient l’Atlantique dans les années 1930, étaient équipés de moteurs Maybach. Le modèle le plus prestigieux de la marque reçut ainsi le nom de ces dirigeables : la « Maybach Zeppelin ». Contrairement à Horch, qui rencontra des difficultés avec ses moteurs V12 de 5 litres manquant de fiabilité, Maybach construisit des moteurs 12 cylindres robustes et puissants. La gamme débuta avec un moteur de 7 litres développant 150 ch, avant d’évoluer vers le moteur de 8 litres et 200 ch de la DS8. Ces voitures étaient également équipées d’une boîte de vitesses révolutionnaire à présélection à 7 rapports, une véritable prouesse technique pour l’époque.
J’ai eu le privilège de conduire une telle Maybach Zeppelin dans une région vallonnée aux routes sinueuses, et les performances de la voiture – son accélération, son comportement routier et son freinage – se sont révélées tout simplement phénoménales. Il n’est donc guère surprenant que ce modèle ait coûté, à l’époque, deux fois plus cher qu’une Mercedes à compresseur. En raison de son caractère exclusif, peu de Zeppelin furent produites et moins encore ont survécu jusqu’à nos jours. Selon le registre du Maybach Club établi par le comte Metternich, il ne subsisterait que 28 Maybach à moteur V12. Parmi celles-ci, seulement 15 sont des modèles ouverts. Onze d’entre elles sont des DS8 équipées du moteur de 8 litres, dont trois seulement conservent encore leur boîte de vitesses d’origine à 7 rapports.
D’un point de vue esthétique, seules deux autres DS8 Zeppelin peuvent rivaliser avec la beauté de notre cabriolet profilé, officiellement baptisé « Stromlinien Cabriolet » par Maybach. L’une appartient à la prestigieuse collection Loh, en Allemagne, et ne serait pas à vendre, même après une offre de 12 millions d’euros. L’autre, connue sous le nom de cabriolet « Binomi », appartient à la même famille suisse depuis sa sortie d’usine. Ayant déjà vendu quatre Zeppelin, je peux affirmer avec assurance qu’il s’agit de l’exemplaire le plus séduisant, tant sur le plan technique qu’esthétique. Il est probable que la voiture soit restée entre les mains de son premier propriétaire nord-américain jusqu’en 1984, année où elle fut acquise par son propriétaire actuel, qui n’en serait ainsi que le deuxième. Elle conserve son intérieur d’origine en cuir rouge, dans un état de préservation remarquable. Avec sa longueur de près de six mètres, ses lignes en forme de goutte d’eau et son pare-brise extrêmement bas, elle compte parmi les automobiles les plus impressionnantes que j’aie jamais rencontrées. Présentée au Salon de l’automobile de Paris en 1934 et figurant en couverture du dernier ouvrage de Harry Niemann consacré à Maybach, cette voiture serait une candidate de tout premier ordre pour Pebble Beach.

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